PROF DE FRANÇAIS !

Depuis 2016 j’ai testé toutes sortes d’activités : hébergement Airbnb, investissement, édition d’un ebook….J’ai également exercé en tant que professeur de français langue étrangère (FLE).
Mon souhait n’était pas de rivaliser avec les professeurs diplômés, je ne détiens aucun diplôme d’enseignant. Par contre j’ai un bon niveau scolaire, un diplôme de l’enseignement supérieur (école de commerce) et je parle anglais, je comptais donc me trouver une niche auprès des étudiants étrangers, particulièrement anglo-saxon. J’ai donc testé cette activité pendant quelques mois, afin de voir si cela me plaisait ou pas.
Voici une synthèse de cette expérience et des leçons apprises.

POURQUOI PROF DE FRANÇAIS ?

J’avais auparavant été bénévole (assistante en français) au sein d’une association d’apprentissage des langues pour migrants, et cela m’avait beaucoup plu. J’étais assistante d’une enseignante de français. Je m’amusais pendant les cours, j’avais su créer de bons contacts avec les élèves, j’arrivais à trouver les astuces pour leur faire comprendre certaines difficulté de la langue.

Prof de français pour étrangers…Je voulais tester, d’abord parce que j’adore rencontrer des étrangers, entendre parler de pays, de cultures étrangers. Ensuite parce que je voulais perfectionner ma connaissance de la langue française. Je pensais associer l’enseignement et l’exploration de la langue.

Il est possible d’exercer le français langue étrangère sans diplôme, sans formation – un diplôme d’étude supérieure et la connaissance de ma langue natale seraient – imaginais-je – suffisants pour aider mes élèves.
Enfin je me réjouissais de faire belles rencontres en face à face, lors de cours individuels.
En vérité, j’ai fait de très belles rencontres et noué des amitiés, mais mon activité a fait long feu 🙂

 

UN CONTEXTE TRES COMPETITIF

Une amie canadienne était venue me chercher car elle souhaitait des cours de français, e elle pensait me recommander d’autres élèves. Or les professeurs de français langue étrangère sont pléthoriques à paris, alors qu’il n’est pas facile de trouver les bons élèves. (Ceux qui travaillent leurs cours et paient correctement).

J’ai rédigé des petites annonces et les ai postées dans les librairies étrangères de Paris et dans les centres culturels. J’ai eu quelques appels qui se comptent sur les doigts de la main, et certains élèves ne se sont pas rendus au premier rendez-vous. J’avais vraiment l’impression d’être la dernière roue du carrosse !
Les prix sont corrects (15/20€ de l’heure) mais deviennent ridicules s’il l’on ajoute le temps de trajet banlieue paris.

J’ai exercé de manière isolée, avec des revenus qui ne m’auraient jamais permis de survivre.
Je ne me sentais pas suffisamment expérimentée pour démarrer des cours en groupe, une solution plus avantageuse autant pour les élèves que pour les enseignants.

METTRE EN PLACE UNE OFFRE ATTRACTIVE

Ai-je les compétences suffisantes pour répondre à la demande de mes élèves ? Ai-je une offre intéressante à faire valoir ?

L’enseignement du français à un étranger ne s’improvise pas, cela se prépare et se travaille. La connaissance intuitive de notre langue maternelle ne suffit pas quand il s’agit de comprendre son fonctionnement et de l’expliquer à un étranger, en particulier si c’est étranger n’est pas de culture occidentale (comme les clients asiatiques – essayer d’apprendre la grammaire et la prononciation française à une élève chinoise débutante).

Je n’avais pas mis en place une offre en adéquation avec les attentes de mes clients.
J’avais certes des ressources, un très bin niveau scolaire (bac C avec mention et diplôme d’étude supérieures en commerce et finance), mais il aurait fallu les vendre : les mettre en valeur et construire une offre, et aller chercher les bons clients.
Comme par exemple :
Des cours de conversation spécialisées/orientées commerce et finance
Du soutien scolaire.
J’aurais pu proposer ces cours via les écoles spécialisées (comme ACADOMIA, qui m’a contactée plusieurs fois) et via les plateformes en ligne.
Je dois avouer qu’aucune de ces optons ne me motivait : j’ai quitté l’entreprise il y a 3 ans, ça n’était pas pour redonner des cours de conversation commerciale et financière.
De même, je me serais vite ennuyée en donnant des cours de soutien scolaire.
De plus il aurait fallu mettre en place un parcours pédagogique, mais je n’avais pas la motivation pour cela.

Une autre solution était de s’enregistrer sur des plateformes en ligne et d’enseigner à distance, ce que j’ai fait. La vérité est que j’ai été contactée plusieurs fois par d’adorables clients, mais je n’avais pas les ressources pour enseigner sur internet. Là encore il faut construire son cours, aller chercher les bonnes ressources. Pouvoir expliquer la grammaire et le vocabulaire par écran interposé nécessite du travail et de la préparation. Là encore la motivation me manquait.

LES RELATIONS

C’est un aspect de motivation essentielle. Au départ j’étais enchantée de ces relations de travail et j’ai construit de belles amitiés. J’ai aidé certaines de mes élèves étrangères lors de leur installation en France, dans leurs relations avec l’administration, ou pour la recherche de logement. Ainsi j’ai accompagné mon amie Debbie lors de ses visites d’appartement, nous avons construit ensemble un argumentaire, et elle a fini par trouver l’appartement de ses rêves, malgré la concurrence et le mauvais accueil réservé aux étrangers à Paris (de ce que j’ai pu constater). Sa victoire a été aussi un peu la mienne.
J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger des cours avec mon amie Ellen, à l’écouter me raconter son enfance et sa vie en Californie : 1h de français, 1heure d’anglais …
Mon amie Xin Yuan m’a bien challengée sur mes cours et ses questions de grammaire alambiquées m’ont amenée à plancher plusieurs heures sur le dictionnaire des difficultés françaises. Xin Yuan était très ambitieuse, élève à science po, elle aurait voulu travailler avec moi les entretiens et l’art de débattre. Elle par contre a décidé de ne pas continuer les cours avec moi.

CE QUI NE MA PAS CONVENU DANS CES RELATIONS DE TRAVAIL

Mon désir était de cocréer, dans cette relation de travail, co-construire : une relation, un plan d’action, des objectifs, d’échanger et de progresser ensemble.
En fait, je n’ai pas formalisé et exprimé ce souhait : nous n’avons pas fixé d’objectif à atteindre. J’ai mené mes cours en fonction des demandes de mes élèves et selon l’inspiration, mais cela ne nous a menées nulle part, puisqu’en l’absence d’objectif, impossible de constater des progrès.
De plus mes élèves ne fournissaient pas de travail personnel, je me retrouvais donc souvent à répéter les mêmes informations et à tourner en rond.
Cette expérience était sans doute nécessaire dans mon parcours, et elle m’a permis de formuler de nouvelles attentes : avoir de l’impact, atteindre des objectifs, se dépasser.

PETIT QUESTIONNAIRE DE DEMARRAGE D’ACTIVITE

Mes élèves ne sont en rien responsables ; elles ont pointé du doigt mes insuffisances et mes axes de progression.

Tirons en les leçons pour ma prochaine activité, voici donc un petit questionnaire de démarrage d’activité :

Motivation, vision :
Quel est ton why, ta vision ? Trouves tu suffisamment de sens à cette activité ? Est-ce que tu te vois pratiquer cette activité dans 10 ans ?
Cette activité est-elle alignée avec tes objectifs personnels ?

Phase de découverte:
• As-tu les moyens de tester cette activité pour vérifier qu’elle te plait ou pas ?
• Quel est ton plan d’action/découverte (tâches, temps alloué, délai pour la phase de test puis pour la phase de lancement)

Stratégie
• A quels types de clients (élèves) veux-tu t’adresser ? Quelles sont leurs attentes ? Comment penses-tu y répondre ?
• Quels sont les outils que dois mettre en place ? (Parcours pédagogiques, ressources, Site internet, formations en ligne, notes de grammaire et de vocabulaire)
• Etablir un plan de progression

Finances :
• Cette activité est-elle viable/rentable à long terme ?
• Quels sont tes objectifs de revenus? Comment penses-tu les atteindre ? (Etablir un business plan avec des dates)
• Quelles sont les solutions financières en cas d’échec ?

Interet de l’activité
• Rapport plaisir/effort : qu’est ce qui t’apporte du plaisir dans cette activité ?
• Les tâches sont-elles suffisamment variées ? Est-ce que tu t’amuses ? Y a t-il suffisamment de : variété/créativité/jeu/passion ?
• Quels sont les compétences à acquérir ?
Etablir un plan de progression

Relations :
• Sont-elles joyeuses ? Sources de progression ? Source d’inspiration ? Sources de motivation
• Quel est ton ressenti par rapport au milieu professionnel ? Quelles sont tes relations avec les autres professionnels ?

Structures d’accompagnement et relais :
• Quels sont tes relais personnels et professionnels: contacts, groupes et associations professionnelles, networking, groupes d’entraide, formations
• Quelles sont tes ressources financières ?
• Quelles sont tes ressources matérielles : livres, autres

Voilà ! N’hésItez pas à me contacter pour plus d’information! 🙂

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