Embrasser la peur (Jon Morrow, 5/7)

https://unstoppable.me/life-lessons

(Traduction LIbrE)

Electrocardiogramme plat.

J’étais allongé dans le petit lit miteux d’une obscure maison de retraite. Cela faisait des années que je dérivais vers la mort, et enfin, enfin….Dieu merci, elle était là. Mon cœur s’est arrêté, mes membres ont frémi, mes intestins ont libéré une odeur nauséabonde.

J’ai rendu mon dernier souffle.

Quelques instants plus tard une infirmière rentra dans la pièce ; elle fut saisie par la puanteur et grimaça.

Puis elle a pris son calepin, consulté sa montre et noté l’heure du décès. Elle a sorti son téléphone : « J’en ai un autre pour vous. Chambre 305 ». Elle a posé un drap sur ma tête et quitté la pièce.

2 jours plus tard ils m’ont incinéré. Fin de l’histoire.

Déprimant non ?

Evidemment rien de tout ça n’est arrivé, sinon je ne serais pas en train d’écrire. Mais ça aurait pu se passer comme ça. Définitivement.

Si mes décisions avaient été différentes il y a de quelques années, j’aurais pu effectivement terminer dans une maison de retraite.

Ce qui est dingue, c’est que ça pourrait arriver encore aujourd’hui. Il suffit de quelques faux pas, et je pourrais tout perdre, mourir ruiné, inutile, abandonné. Pour être franc avec vous, cette perspective me terrorise plus que tout. Vous pourriez me braquer, m’enfoncer le pistolet dans la bouche et démarrer le compte à rebours, mais vous ne pourrez jamais m’effrayer autant que la scène que je viens de vous décrire.

Mourir c’est une chose, mais une mort vide de sens, oublié de tous, c’est pire que tout. En tous cas pour moi.

Pourquoi je vous dis ça ? De temps à autre, quelqu’un me demande comment j’ai trouvé le courage de déménager au Mexique, sans argent, sans amis, et sans solution de secours. Pour 1 million de raisons ça aurait pu foirer. J’aurais pu être braqué, assassiné sur la route. J’aurais pu être arnaqué par les agents de l’immigration. J’aurais pu mourir de faim.

Bien sûr que le Mexique est dangereux. Y emménager dans ma situation était pure folie. Je savais ça. Je ne fais pas partie de ces inconscients qui croient que rien ne peut leur arriver. Au contraire, j’étais presque sur de mourir, et j’avais une peur bleue. Quand on a passé la frontière, je transpirais et tremblais tellement que j’ai eu peur de passer pour un drogué auprès des agents de l’immigration.

Donc pourquoi j’ai fait tout ça ? Pourquoi je n’ai pas préféré la sécurité relative d’une vie aux Etats Unis ?

Voilà quel a été mon raisonnement :

  1. Les agents de l’immigration pourraient m’arnaquer

Réponse : c’est vrai, mais c’est quand même mieux que de mourir dans une maison de retraite

  1. Je pourrais être braqué sur l’autoroute

Réponse : c’est vrai, mais c’est quand même mieux que de mourir dans une maison de retraite

  1. Je risque de mourir de faim si je n’ai pas les moyens de m’acheter de la nourriture

Réponse : c’est vrai, mais c’est quand même mieux que de mourir dans une maison de retraite

 

En d’autres termes, j’étais terrifié, mais une mort misérable et tranquille  dans une maison de retraite me terrifiait encore plus. J’ai surmonté ma peur consciemment et délibérément, et je me suis appuyé dessus pour affronter des circonstances encore plus terribles.

C’est comme ça que le courage fonctionne. Ceux que nous voyons comme des héros ne sont pas des mystiques qui transcendent la peur. Simplement, pour eux, il n’y a pas d’autre possibilité que l’action. Ils font ce qu’ils doivent faire, non parce qu’ils le veulent mais parce qu’ils n’ont pas d’autre choix.

C’est la même chose pour moi. Je n’ai pas médité avant de me mettre en mouvement, je n’ai pas attendu d’avoir les idées claires et l’esprit serein. Je n’ai pas agi et fait l’impossible, en toute confiance et paisiblement. Non.

Je me suis levé chaque matin avec la peur au ventre, imaginant ce qui se passerait si je ne bougeais pas. Je voyais l’électrocardiogramme plat, l’infirmière, mon corps qu’on jette dans le feu, je me mettais dans un état de terreur si intense que tout le reste semblait facile en comparaison.

C’est un peu sombre comme tableau, je sais, mais c’est aussi mon immense secret.

Si vous êtes paralysé par la peur, la seule façon de vous en sortir c’est d’imaginer quelque chose qui vous paralyse encore plus.

Imaginez ce qui va se passer si vous ne faites rien,

Visualisez le de manière si réelle dans votre esprit que vous êtes prêt à marcher sur le feu et mobilier votre énergie pour faire les choses les plus folles.

Bien sûr je ne vous suggère pas de vivre dans la peur en permanence. Une fois que vous faites face à la situation, que vous avez envisagé le pire, arrêtez de vous torturer. Adoptez une attitude positive et commencez à vivre

La peur est le moteur mes amis. Foncez

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